Onze propositions, trois temps

Un catalogue de propositions ne dit rien de leur faisabilité. Notre frise prospective chronologique classe donc les nôtres selon ce qu’elles exigent du droit existant : certaines s’appuient sur des institutions déjà en place, d’autres se heurtent à des intérêts d’États, les dernières supposent d’amender la Charte, ce qui requiert une majorité des deux tiers à l’Assemblée générale et l’accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

N° Proposition Ce qu’elle prévoit
Premiers temps Réalisable dès maintenant : s’appuie sur des institutions qui existent déjà, sans révision de la Charte.
1 Donner toute leur place aux ONG Rehausser le statut des ONG dans les instances de l’ONU et pérenniser les Forums mondiaux des ONG, en s’appuyant sur des pratiques établies, du Comité de liaison ONG-UNESCO à l’ECOSOC.
2 Transparence financière des OING Instaurer pour les organisations internationales non gouvernementales des normes de transparence financière inspirées du GAFI.
3 Soutenir la démocratie représentative Permettre à l’Union interparlementaire, qui réunit à Genève des parlementaires du monde entier, de soumettre chaque année une proposition de loi aux assemblées nationales.
4 Réguler le numérique et l’IA Une régulation internationale du numérique et de l’intelligence artificielle, y compris militaire, qui place la dignité humaine au cœur du dispositif.
5 Sécurité humaine et normes communes Promouvoir la sécurité humaine, au sens du PNUD de 1994, par des normes commerciales sociales et environnementales contraignantes, en mobilisant l’ECOSOC, l’OIT, l’OMC et le PNUE.
Seconds temps Réalisable en droit, difficile en politique.
6 Casques bleus et voie diplomatique Renforcer le recours aux casques bleus et privilégier le règlement diplomatique et judiciaire des conflits.
7 Embargo sur les armes Privilégier l’embargo sur les armes contre un État agresseur, plutôt que des sanctions économiques qui frappent d’abord les populations civiles.
8 Une institution mondiale pour le climat Fonder une institution mondiale et permanente pour l’environnement et le climat, inspirée des COP mais dotée de moyens contraignants.
Troisièmes temps Nos propositions phares : elles demandent une révision de la Charte.
9 Secrétaire général et Assemblée générale Permettre au Secrétaire général de faire adopter par l’Assemblée générale, à la majorité des deux tiers, une résolution surmontant un blocage du Conseil de sécurité sur les questions du Chapitre VII.
10 Un Conseil de sécurité représentatif Revoir la composition des membres permanents pour refléter les blocs régionaux réels, en intégrant le Sud global : Afrique, Amérique latine, Asie, pays arabes.
11 Suspendre le droit de veto Suspendre le veto d’un membre permanent qui commet des atrocités de masse ou une agression, en élargissant l’article 27-3 de la Charte. Une initiative franco-mexicaine, soutenue par une centaine d’États, va déjà dans ce sens.

Les trois dernières propositions se heurteront au veto de ceux qu’elles visent. Nous les portons quand même, parce qu’un objectif qu’on renonce à formuler n’a aucune chance d’être atteint.

Soutenir les propositions

Signer prend une minute. Une signature d’organisation pèse encore davantage.

Comment agir